Grenade, ville de festivals. «El Flamenco viene del Sur»

Cette année encore, de février à mai, Grenade accueille les meilleurs spectacles de flamenco dans le cadre du cycle « El flamenco viene del sur » (Le flamenco vient du sud).

Organisé par le service de la culture et des sports de la communauté autonome andalouse, ce festival se tient à Grenade, Séville et Malaga. Il est devenu au fil du temps l’un des grands rendez-vous de flamenco en Andalousie.

L’idée jaillit en 1996 et les spectacles couvrent toutes les disciplines du flamenco. Depuis sa création, il a réuni plus de 200 000 spectateurs et plus de 3 000 artistes autour de spectacles classiques et d’avant-garde et d’artistes consacrés ou révélation.

Le flamenco a toujours été lié à Grenade,

dont le quartier de Sacromonte, synonyme de flamenco, est l’un des berceaux de cet art.

L’événement qui relie le plus fortement la ville au flamenco est vraisemblablement le célèbre « concours de Cante Jondo » de 1922. Consacré à ce chant populaire andalou et célébré sur la Place des Aljibes de l’Alhambra, il est promu par un jeune Federico Garcia Lorca et Manuel de Falla, entre autres nombreux intellectuels et artistes de l’époque.  L’objectif était de montrer la grande richesse de cet art et de le mettre en valeur en le hissant au niveau d’autres arts. L’épisode marque un avant et un après pour le flamenco.

Reconnu par tout mélomane, il a tout de même fallu attendre 2010 pour qu’il soit considéré comme étant « Patrimoine culturel immatériel de l’humanité » par l’Unesco.

Cette nouvelle édition du festival « El flamenco viene del sur » est un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de ce genre et de sa danse.

Comme à l’accoutumée, nous vous recommandons de parcourir notre site internet et nous vous suggérons de compléter vos soirées de flamenco grâce à notre éventail de visites des hauts lieux de Grenade.

Et pour vous mettre en appétit, voici un aperçu de la programmation qui vous attend.

À compléter

El Carmen de los Mártires

Nous consacrons ce billet à un petit paradis, caché pour beaucoup, qui se situe à proximité de ce lieu magique qu’est l’Alhambra.

Sur sept hectares, l’endroit offre une vue imprenable sur l’Alhambra, les plaines fertiles et Grenade.

Unique et lié à l’histoire de la ville, il fut fréquenté, entre autres, par les Rois catholiques, Boabdil, saint Jean de la Croix, l’écrivain José Zorrilla, la reine Victoria Eugenia, le compositeur Manuel de Falla ou encore Federico García Lorca.

 

Sa longue histoire remonte à l’époque musulmane, où il est utilisé comme silo et comme cachot. Or c’est précisément ce qui pousse Isabelle la Catholique à créer en ce même lieu la chapelle des Martyrs, nom qu’il a conservé jusqu’à aujourd’hui.

 

Le monastère disparaît avec la vague des désamortissements des biens que connaît l’Espagne et c’est à cette époque que commence réellement l’histoire du Carmen, concrètement en 1846. Cette année-là, Carlos Calderón l’achète pour en faire une propriété privée avec son jardin romantique.

C’est que le romantisme, qui s’impose alors dans toute l’Europe, entraîne une nouvelle organisation des espaces verts dans les villes.

Si nous devons à Calderón la conception du jardin gigogne, soit un « jardin de jardins », remercions le propriétaire suivant du Carmen d’avoir respecté cette idée de départ. Nous faisons référence ici à Humberto Meerman.

Carlos Calderón devait être un personnage charismatique et très intéressant. L’écrivain Ramón Del Valle Inclán s’en inspire d’ailleurs dans plusieurs de ses ouvrages. Et Meerman n’est pas en reste. Riche financier et promoteur de sites miniers, il aime le luxe et les fêtes, ce qui fait de lui un personnage légendaire à Grenade.

Tous deux envisagent le jardin comme une mosaïque de quatre jardins : baroque à la française, paysager anglais, élisabéthain anglais et nasride espagnol. Ils resteront fidèles à cette conception.

Après la crise de 1929, Meerman est ruiné et la propriété passe aux mains du duc del Infantado, qui entretient la maison et enrichit les jardins.

C’est sa fille qui en hérite à son décès et, faisant preuve de générosité, elle décide de la vendre pour douze mille anciennes pesetas à la mairie de la ville pour qu’elle devienne un parc municipal.

En 1972 et de façon inattendue, la mairie lance un appel à projets en vue de la construction d’un complexe hôtelier de luxe. Mais face à la colère des habitants, le projet sera paralysé.

Vivant à Grenade, il me plaît de raconter cet épisode. En effet, la ville à propos de laquelle Lorca disait : « la réaction et la mise en commun d’efforts n’ont pas lieu en cette terre extraordinaire. Deux et deux ne font jamais à Grenade. Ils sont toujours deux et deux, sans réussir jamais à se mêler… »   parvient bel et bien, pour une fois, à illustrer que deux et deux feront quatre et à laisser à la postérité un cadre unique et magique pour notre plus grand plaisir.

Restaurant Carmen de San Miguel

Ce billet est consacré à l’un de mes endroits préférés à Grenade. Et j’en suis friande pour plusieurs raisons.  Je ne prétends pas ici recommander un restaurant, mais plutôt une façon d’envisager la cuisine et, en somme, la vie.

Jorge Matas, le chef et propriétaire des lieux, a fait le pari de mettre les petits plats dans les grands, simplement, sans artifices et sans chercher à expérimenter. La recette de son succès ? Sa passion pour la cuisine, le travail bien fait, le choix de produits locaux et de plats locaux également, remis au goût du jour.

Pourquoi un bon restaurant ne pourrait-il pas servir un bon plat de légumes secs ? C’est la question que le chef a dû se poser et à laquelle il a répondu en proposant les meilleurs plats en sauce locaux à Grenade.  Les mets sophistiqués ne sont pas en reste. À vous d’en juger avec ce « cochon de lait confit à la vanille, pomme cuite, prunes au vin doux et sauce au miel blanc à la cannelle ». Dans cette fusion entre tradition et innovation, tout déjeuner ou dîner au Carmen de San Miguel devient une expérience inoubliable.

Par ailleurs, Jorge a jeté son dévolu sur les produits locaux, bios dans la mesure du possible et il a créé un potager dans l’un des jardins du restaurant, potager qu’il cultive lui-même. Imaginez-vous en train de savourer un gaspacho préparé par ce grand cuisinier avec des tomates cueillies à quelques mètres de vous.

Cerise sur le gâteau, le restaurant se trouve dans un endroit privilégié, à proximité des Torres Bermejas ou tours vermeilles, à une minute à pied du bois de l’Alhambra et à dix minutes de son entrée principale, dans le quartier du Realejo, ancien quartier juif de la ville. Si vous ne connaissez pas encore Grenade, je me dois de préciser que le mot « Carmen » désigne ici une maison traditionnelle. Le restaurant en est une, avec un jardin structuré en terrasses et des vues imprenables sur toute la ville. Comme sur une carte postale, nous pouvons apercevoir la Sierra Nevada, les plaines, le cœur de ville, la cathédrale, la Sierra Elvira, etc.

Et de ce belvédère extraordinaire, le chef peut pointer du doigt les endroits dont proviennent quasiment tous les ingrédients qui constituent ses plats. Peu d’endroits peuvent se permettre ce luxe.

Je garde de mes bavardages avec Jorge son incroyable modestie, sa passion pour Grenade et sa gastronomie et son talent de restaurateur.

Ne passez pas à Grenade sans savourer ce lieu. Nous pouvons même vous y accompagner lors de nos visites gastronomiques si vous le souhaitez. Et pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups : visiter l’Alhambra et déguster des tapas tout en vous laissant conter le champ des possibles qu’offrent les magnifiques produits grenadins à partir desquels elles sont élaborées…

Le Biodöme de Grenade, une fenêtre sur la vie

C’est comme ça que le Parc des sciences de Grenade, le lieu qui l’accueille, aime le définir.

Le Parc des sciences, où se niche le Biodôme, est un endroit à ne pas manquer si vous visitez la ville avec des enfants.

Le Biodôme mérite à lui seul une heure de visite et il vous faudra compter une demi-journée pour visiter tout le parc.

Dès sa construction, il était prévu que le Biodôme soit intégré au grand complexe du Parc des sciences. En raison de la grande complexité que supposent son architecture et sa mise en marche, il a néanmoins fallu attendre son quatrième agrandissement mi-2016 pour que cela soit chose faite.

Il abrite quelque 250 espèces, faune et flore, sur 3 500 m2 pour 12 000 m3 (là est sans doute la clé) Et recrée trois zones tropicales distinctes : Madagascar, le Sud-est asiatique et l’Amazonie, c’est-à-dire les régions de la planète affichant la plus grande biodiversité. À cette fin, les milieux aquatique, terrestre et aérien ont été reproduits.

Vous y verrez tout type d’animaux et de plantes qui ne manqueront pas de vous surprendre. Nous pouvons mentionner parmi les plus exotiques ou les plus curieuses l’alligator de Chine. La plupart des spécimens de cette espèce en voie de disparition vivent dans des zoos du fait de très forte pollution qui touche leur habitat naturel. Les plus attachants sont sans doute les lémurs à la longue queue annelée qui se déplacent presque naturellement parmi les visiteurs. La loutre asiatique, les paresseux, les ouistitis à face blanche, l’ibis rouge, le toucan, le boa arc-en-ciel, la cistude ou tortue aux yeux rouges, etc. sont autant d’autres espèces que vous pourrez admirer.

Le Biodôme n’est pas un zoo en ce sens qu’animaux et plantes vivent dans un milieu naturel et interagissent. Seuls deux autres espaces – en Allemagne – présentent des caractéristiques analogues.

Le Biodôme partage avec le Parc des sciences sa vocation pédagogique et de divulgation. L’objectif est, d’une part, de nous faire connaître différents types d’animaux et de plantes et, d’autre part, de nous sensibiliser à la nécessité de leur conservation et de leur respect et à la relation qui s’établit entre la nature et ses habitants.

Pour couronner le tout, le lieu se veut être un laboratoire vivant, où sont étudiés des domaines aussi divers que la mécanique des fluides, la reproduction en captivité, l’alimentation et le bien-être animal, etc. Ce laboratoire est par ailleurs mis à la disposition de chercheurs du monde entier.

Grenade, ville de concerts. Le festival international de Jazz

Grenade s’affirme de plus en plus en tant que « Ville de festivals », des festivals en tout genre, de musique, de cinéma, de tango, de magie, tous publics et pour tous les budgets.

La musique a toujours imprégné l’âme de la ville, une facette qu’elle a, par chance, toujours conservée. En témoigne la pléiade de festivals et de concerts auxquels nous pouvons assister dans notre belle ville.

L’automne est sans équivoque la saison du jazz. En novembre de chaque année, et depuis 39 ans déjà, se déroule l’un des festivals de jazz les plus prestigieux d’Europe, le seul en Espagne intégré au réseau Europe Jazz Network.

Un rendez-vous désormais incontournable pour tous les amateurs de jazz. L’on ne saurait évoquer l’histoire du jazz en Europe sans mentionner ce festival, l’un des plus anciens.

S’y sont produits depuis son inauguration des artistes comme Miles Davis, Oscar Peterson, Tete Montoliu, Dizzi Gillespi, etc. Sans remontrer trop loin, nous avons pu applaudir cette année Melissa Aldana ou James Carter.

Le festival s’articule en plusieurs volets. Les concerts du cycle central ont lieu au théâtre Isabel la Catolica, l’un des plus somptueux d’Espagne, tandis que des concerts dans différents espaces-scènes de la ville constituent le cycle parallèle. Un autre cycle, le Jazz World, est consacré à une musique ethnique et fusion et les nocturnes de Jazz se composent de concerts dans différentes boîtes de la ville. Le festival, c’est encore un concours international d’interprètes de jazz et, dans sa facette plus solidaire, un concert a été donné cette année au pavillon d’oncologie de l’hôpital Virgen de la Nieves et un autre, pédagogique, était destiné à des enfants confrontés au risque d’exclusion.

Que vous soyez déjà amateur de jazz, ou pas encore, nous vous invitons à visiter Grenade pour vibrer lors de ces concerts impressionnants, parcourir les nombreux lieux historiques de la ville et ses recoins pleins de charme et en savourer la gastronomie.

Et laissez-vous guider ! Vous pouvez cliquer ici pour voir tout ce que nous avons à te proposer.

Hôtel Palace Granada

Présent dans l’histoire de la ville depuis plus d’un siècle et élément de sa silhouette, c’est l’hôtel le plus emblématique de Grenade. Cette grande masse rougeâtre que l’on peut apercevoir depuis presque tous les points de la ville reproduit les tonalités de la citadelle de l’Alhambra.

Peu d’hôtels ont le privilège d’accéder directement au bois de l’Alhambra. Les palais nasrides sont seulement à 10 minutes de marche, le temps d’une agréable promenade.

C’est le deuxième hôtel de luxe le plus ancien d’Espagne et le roi Alphonse XIII assistera même à son inauguration en 1910. À l’époque, aucun bâtiment n’avait encore été construit avec une structure métallique en Espagne.

Et il n’est guère étonnant qu’il soit construit à proximité de l’Alhambra puisqu’il naît du pari d’un illustre habitant d’adoption de la ville. Visionnaire, le duc San Pedro de Galatino, homme politique, noble et surtout homme d’affaires, a compris que l’avenir de Grenade serait le tourisme, l’Alhambra et la Sierra Nevada en constituant les principales attractions. C’est ainsi qu’il décide, entre autres projets, de faire bâtir un hôtel de luxe, doté également d’un grand casino et d’un théâtre.

L’Alhambra accueillait à l’époque quelque 18 000 visiteurs par an – ils sont aujourd’hui près de 3 millions – et la ville, comme il l’avait prédit, vit pratiquement du tourisme.

À compter de l’inauguration de l’hôtel, le casino et le théâtre-cinématographe deviennent le centre de loisirs, social et intellectuel de Grenade. C’est là que Federico García Lorca et Manuel de Falla présentent le célèbre concours de Cante Hondo qui aura lieu à l’Alhambra et qui contribuera définitivement à lancer le flamenco.  C’est le casino qui générera l’essentiel des recettes de l’hôtel jusqu’en 1923, année où le jeu est interdit et le casino devra fermer.

L’hôtel restera en fonctionnement et deviendra un hôpital pendant la guerre civile espagnole et sera ainsi préservé des bombardements, de grandes croix rouges étant peintes sur ses toits.

Sa réouverture en 1942, après la guerre, marque le début de son âge d’or. Outre la maison royale espagnole et des souverains de nombreux pays, des centaines de personnages illustres y ont séjourné, commet Charles de Gaulle, Mijail Gorbachov, Eva Perón, le Dalai Lhama, Rockefeller, Richartd Straus, Lola Flores, Tirone Power, et plus récemment Brad Pitt et tant d’autres.

Signalons que l’hôtel conserve son style historiciste qui nous rappelle l’Alhambra, n’ayant absolument pas changé depuis son inauguration. Toujours aux mains de la famille qui l’ a créé, il demeure une référence à Grenade en raison de la qualité de ses prestations, de son emplacement et surtout de son caractère authentique.

Albaicín, où tout a commencé

Ce quartier est considéré comme étant l’origine de la ville de Grenade et constitue sans doute aujourd’hui un des quartiers les plus authentiques. Une de ses principales caractéristiques est la préservation, au cours des siècles, d’une atmosphère de petit village en plein cœur de la ville, qui en fait le quartier le plus pittoresque et surprenant de Grenade.

C’est un lieu par lequel sont passées toutes les cultures et civilisations qui ont peuplé Grenade. En effet, les Ibères, les Romains, les Visigoths, les musulmans puis les chrétiens ont chacun, à leur tour contribué à l’évolution de ce quartier multiculturel reflétant bien les différentes invasions subit par Grenade au cours du temps.

Les restes archéologiques rencontrés dans ce quartier résument l’histoire de la ville de Grenade. C’est avec la dynastie Ziri, à partir du XI ème siècle, qu’il acquiert une grande importance et la configuration actuelle. La superficie passe de 15 Ha à 75 Ha, avec la construction de nouvelles murailles et portes (Monaitas), de nouveaux quartiers (Axares), l’amélioration de la canalisation des eaux, etc.

L’arrivée des Nazaries va modifier encore le plan de la ville puisque ces derniers décidèrent de s’installer sur la colline d’en face. Cependant l’Albaicin ne perdra pas son importance et continuera de se développer.

A partir de 1492, à cause de l’occupation chrétienne, ce quartier sert de refuge aux musulmans qui devront se convertir quelques temps plus tard. En voyant leurs droits se réduire de plus en plus, les musulmans résistants, ont réagi en faisant de ce quartier un lieu en guise de révolte.

La tolérance des chrétiens se termina de manière définitive et brutale avec l’expulsion des musulmans d’Espagne en 1609. La population du quartier de l’Albacain qui atteignait 40.000 habitants diminua alors de façon très drastique. C’est à partir de ce moment-là que commença le déclin de ce quartier qui se détériora jusqu’à sa réhabilitation comme quartier touristique.

C’est curieusement durant l’époque romantique qu’apparut la maison typique de l’Albaicin, appelé « el Carmen » qui se caractérisait par ses jardins en terrasse et par ses vues splendides qui ont perdurées à travers le temps.

Au final, ce quartier est une mosaïque de cultures différentes ayant traversée le temps avec pour dénominateur commun l’orgueil de ses habitants fiers d’appartenir à l’Albaicin. Ce lieu plein de contrastes de par son histoire, où l’on peut entendre l’appel à la prière du muezzin venant de la mosquée jouxtant le cloître d’un couvent.

Permettez-nous de vous accompagner dans cet endroit fascinant, idéal pour flâner et voyager dans le temps.

CUARTO REAL DE SANTO DOMINGO

Au centre-ville, près du vieux quartier juif de Grenade, dans un lieu qui autrefois regroupait les potiers, nous trouvons un palais Nazaries construit durant le règne de Mohamed II, dans une tour de la muraille de ce quartier.

Il s’agit d’un bel exemple de l’architecture résidentielle du XIIIème siècle. Elle était entourée de vergers et de jardins fleuris et demeure l’unique potagers royal conservé à l’intérieur de la muraille.

On peut dire que ce fut un modèle d’inspiration lors de la construction des palais de l’Alhambra puisque ces derniers furent bâtis postérieurement.

A côté de la muraille, se trouve le donjon et à l’intérieur on se trouve très bien conservé le salon de réception. Ici on peut voir de magnifiques décorations dignes de l’Alhambra. Nous soulignons les belles plinthes revêtues de carrelages polychromés en bleu et vert.

Les restes du jardin nazari se trouvent en dessous de l’actuel jardin qui s’est réalisé avec la réforme du XIXème siècle.

Les rois catholiques devinrent les nouveaux propriétaires après la conquête et le cèderont plus tard à l’ordre des Dominicains qui fondèrent le couvent de santa Isabel La real.

Durant l’invasion Napoléonienne le couvent fut vidé. Et après la laïcisation les biens de l’église sont devenues des propriétés privées et plusieurs illustres familles de la ville vinrent vivre ici. Ces familles transformeront l’aspect originel de ce palais.

Les fouilles archéologiques et la restauration réalisée nous montrent les restes du jardin et du système d’irrigation de l’époque qui ont été retrouvés.

Au début du XXème le « cuarto real » fût déclaré comme un Bien d’Intérêt Culturel (BIC).

A la fin du XXème siècle la mairie l’acheta au dernier propriétaire D. Javier Dávila Ponce de León.

C’est un lieu peu connu qui fût récemment rouvert au public.

Nous pouvons profiter de la culture grâce aux expositions qui ont lieu dans ce splendide palais, au centre de Grenade.

Les bains

Dans l’emblématique quartier de l’Albaicin il y a un joyau de l’architecture musulmane, le bain du Nogal ou el Bañuelo. C’est un hammam du XI ième siècle, situé à côté de la rivière Darro et caché dans le recoin d’une ruelle à l’allure médiévale. Cette visite nous transporte dans des temps anciens et nous fait découvrir la culture raffinée des musulmans qui occupaient alors ces lieux.

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Le Hammam ou bain à vapeur est une copie des termes romains, bien que les dimensions soit inférieures et qu’ils soient beaucoup plus décorés. Le hammam est composé de 4 salles, une froide, une tempérée, une chaude et la salle de repos.

Le hammam possède différentes fonctions :

C’était un lieu de rencontre où les habitants discutaient et échangeaient leurs opinions pendant qu’ils buvaient leur thé à la menthe.

Ce lieu était aussi un salon de beauté avec tout un arsenal de produits cosmétiques naturels pour embaumer et laver le corps.

L’eau est aussi utilisée comme un rituel de purification, il faut être propre et purifier pour prier, c’est pourquoi il était habituel de rencontrer ce type d’établissement à côté des mosquées. De plus, le fait d’avoir une bonne hygiène permettait de diminuer le risque de tomber malade.

Les tarifs étaient abordables pour tout le monde mais le hammam était un lieu où les hommes et les femmes ne se mélangeaient pas.

Le bain du Nogal est de l’époque Ziri au XI ème siècle, il fût d’ailleurs déclaré comme un bien d’intérêt culturel (BIC).

Celui-ci est un des plus anciens et mieux conservés d’Espagne.

Nous entrons par un petit patio avec un bassin qui nous conduit aux différentes salles. Le premier espace avait pour fonction de vestiaire où les habitants étaient pourvus de serviettes et de « chapines », pour isoler leurs pieds du sol brûlant. Tout au fond il y avait les chaudières à bois, qui aujourd’hui se trouvent à l’air libre.

Il faut souligner la beauté des lucarnes en forme d’étoiles qui en ce temps étaient couvertes de verres colorés. Les chapiteaux des colonnes appartiennent à différentes époques et forment un bel ensemble.

Monuments hispanomusulman

Cette catégorie réunie quatre monuments de l’époque musulmane qui avaient différentes fonctions. Nous avons un petit hôtel urbain, un hammam, une maison mauresque et un petit palais d’époque Nazari.

CORRAL DEL CARBON

Son nom actuel fait référence à sa fonction d’entrepôt du charbon pendant l’époque chrétienne. Il s’agit d’un « fonduk » ou d’une halle, petit hôtel particulier à l’intérieur de la ville datant du XIV siècle sous la dynastie des Nazaries. Il est situé aux abords de l’ancienne ville à côté du marché de la soie. Cet entrepôt est l’unique exemple de ce type d’architecture conservé en Espagne. L’été, le patio est une scène parfaite pour assister à des pièces de théâtre ou des concerts.

LE HAMMAM (EL BAÑUELO)

C’est un hammam du XI ème siècle, un des mieux conservé et plus ancien d’Espagne. Nous pouvons le découvrir en se promenant le long de la rivière Darro face aux restes du pont de Cadi. Il s’agit d’un bain public à vapeur de l’époque ziri, également connu comme le bain de nogal.

Après la conquête par les rois catholiques, la ville fut pratiquement détruite car les chrétiens ne voyaient pas de bon œil ce type d’établissement. Cela peut paraître curieux mais il semblerait que ce hammam fut utilisé comme lavoir public et c’est peut-être pour cela que nous avons la chance de pouvoir le visiter encore de nos jours.


Elle se situe très proche du fameux passage « de los tristes ». C’est l’exemple typique de la maison mauresque de la fin du XV ème siècle. C’est aussi une des mieux conservée de l’Albaicin.

La façade extérieure est très simple, sans fenêtres et à l’intérieur se trouve un patio rectangulaire avec un bassin central. Durant quelques temps pendant l’époque chrétienne, cette maison été utilisée comme une maison partagée où plusieurs familles vivaient dedans. Puis elle fut vidée pour être restaurée. Aujourd’hui elle est utilisée comme lieu de concert ou d’exposition.

DAR AL HORA

Il s’agit d’un joyau caché entre les ruelles du pittoresque quartier de l’Albaicin. Son nom signifie maison de l’honnête. Ce fut la dernière résidence de la reine Aixa, mère de Boabdil, en dehors de l’Alhambra. Ses décorations et son architecture sont typiques de l’art Nazari du XVème siècle.

Ce palais est constitué de deux étages et d’un donjon organisé autour du patio avec un petit bassin en son centre. Si on monte jusqu’au dernier étage on pourra contempler depuis le mirador un paysage d’une grande beauté.